Claude Louis-Combet
Philosophe, Claude Louis-Combet (1932-2025) est traducteur d’Anaïs Nin (La Maison de l’inceste, Éditions des Femmes, 1975) et d’Otto Rank (L’Art et l’artiste, Payot, 1976), éditeur chez Jérôme Millon de textes spirituels (Abbé Boileau, Histoire des flagellants, 1986 ; Jean Maillard, Louise du Néant, 1987 ; Berbiguier de Terre-Neuve, Les Farfadets, 1990), et auteur de “mythobiographies” et de récits.
Ce goût pour la sensualité trouble conduit Claude Louis-Combet à revisiter la mythologie païenne (Le Roman de Mélusine, Albin Michel, 1986 ; Le Bœuf Nabu, Lettres vives, 1992) ainsi que l’imaginaire chrétien (Marinus et Marina, Flammarion, 1979 ; Mère des croyants, Flammarion, 1983 ; Beatabeata, Flammarion, 1985 ; Le Chef de saint Denis, Dijon, Ulysse fin de siècle, 1987) et dans ses essais (L’Enfance du verbe, Flammarion, 1976 ; Du sens de l’absence, Lettres vives, 1985 ; Écrire de langue morte, Rennes, Ubacs, 1986 ; Le Péché d’écriture, Corti, 1990 ; Le Don de langue, Lettres vives, 1992 ; Miroirs du texte, Deyrolle, 1995), il cherche à retrouver cette “langue des grands fonds” qui règne “entre le nid des entrailles et l’écume de la Voie lactée”.
Chez Corti, il a notamment publié, en 1997 L’Âge de Rose, évocation de sainte Rose de Lima, en 1998, Le Petit œuvre poétique, en 1998, Le Recours au mythe, et deux autres mythobiographies, les Errances Druon, sur le saint Druon d’Artois et Bethsabée, au clair comme à l’obscur, sur les amours de Rembrandt et Hendrickje Stoffels, sa dernière maîtresse.
Un fonds Louis-Combet est en cours de constitution à l’université de Besançon.
« Nourri d’imaginaire religieux et de récits mythiques, Claude Louis-Combet modèle les contours d’une histoire sans cesse renouvelée, où l’association de l’innocence chrétienne et la perversité antique fait le lit de la béance inquiète de nos désirs secrets. Quand éros orne d’un nimbe l’épreuve de la mystique. »
Benoît Legemble, Le Matricule des Anges, 2014
« Selon ses propres mots, n’écrivant et n’ayant écrit que pour avoir cessé de prier et portant en soi et traînant avec soi sa puissance de cri et sa charge de souffle, Claude Louis-Combet avait cette discrète grandeur, exceptionnelle dans le monde littéraire contemporain, prenant racine en ce lieu de force qui précède la révolte même et relie à l’en-deçà indomptable. »
Patrick Autréaux, Libération, 2025
« Claude Louis-Combet était un prosateur. Il était sûrement, avec des gens comme André Pieyre de Mandiargues, Julien Gracq ou encore Jacques Abeille, un des très grands prosateurs de cette langue française littéraire extrêmement travaillée, orfévrée, ornée, et en même temps fluide et très limpide. Il avait un goût artisanal pour la très belle écriture, c’était comme un luthier. »
François Angelier, France culture, 2025
« Moins transgressif que Georges Bataille, moins cérébral que Maurice Blanchot, moins romantique que Julien Gracq, moins surréaliste qu’André Breton, moins esthète que Jean-Noël Vuarnet (autant de frères en littérature pour qui sexualité et transe mystique sont apparentées), il appartenait à la grande famille des écrivains qui frôlaient le fantastique, celui de Nerval, celui de Novalis. Il entretenait par ailleurs un dialogue avec des artistes chez lesquels il trouvait des résonances avec son propre univers halluciné. »
René de Ceccatty, Le Monde, 2025
Lire les hommages à Claude-Louis Combet : Le Monde, Libération, France culture, Actualitté, Livres Hebdo, Strophe.fr, et un dossier du Matricule des Anges consacré à son œuvre ici et là.