SecondeMain
SecondeMain est le nom d’un site de petites annonces où tout s’achète et tout se vend. HB, le narrateur, s’y plonge dans un moment de désœuvrement, alors qu’il est en convalescence chez ses parents après une opération. À ses côtés, il y a sa sœur Coline et Jérémy Loy, l’insaisissable ami d’adolescence. Jérémy a une particularité : il multiplie les avatars. Le dernier en date, PeroPerez13, met en vente sur SecondeMain les choses les plus improbables, à commencer par l’étang de la commune. Son combat est celui d’un Don Quichotte d’aujourd’hui, qui entend torpiller le système de l’intérieur en y glissant des grains de sable. Dans cette aventure, HB sera son Sancho Panza.
Les personnages de SecondeMain évoluent dans un monde où les objets ont pris le pas sur les relations entre les êtres. Un monde toxique et surpeuplé de choses mais peut-être vide de sens. À moins que cette ère des objets annonce un nouvel animisme par lequel les forces de la fiction pourraient se réveiller ?
Dans ce premier roman, Grégoire Sourice interroge la place des corps et de leurs attractions dans notre monde contemporain et ses doubles numériques.
Presse et librairies
SecondeMain, le premier roman de Grégoire Sourice, n’est semblable à aucun autre. Sa forme littéraire généreuse et inventive interroge le contemporain par la structure même du texte. Réjouissant et inquiétant, ce livre s’impose aussi comme une véritable réflexion sur le roman.
Baptiste Fauché, En attendant Nadeau (Numéro 244), 25 mai 2026.Le cadre à la fois rural et pavillonnaire de la commune est justement posé, sans distance ni mépris. Les générations se distinguent par leurs objets – assiette peinte accrochée au mur, figurines Kinder Surprise ou PlayStation. Les trois personnages principaux, âgés d’une vingtaine d’années, ont tous des avatars, qui peuvent être de simples noms ou bien des personnages dans des jeux vidéo. Qu’ont-ils de commun avec leurs présences réelles ? Atteints par la blessure, la maladie ou la souffrance, les corps éprouvent leurs limites. Y a-t-il aussi un corps propre des avatars, qui ferait de sa mort autre chose qu’un artifice technique ? « Comment donner à voir la mort de celui qui n’a pas de corps ? » Le livre est tenu par la grande force de cette réflexion sur les masques, les ressemblances, les identités virtuelles. Celle-ci permet peut-être de lire sous les initiales du personnage, HB, une référence à Henri Beyle (1783-1842) et à tous les pseudonymes qu’il s’est donnés, outre Stendhal (au moins une centaine), tous les masques qu’il a utilisés pour se cacher, pour fuir ou pour parader – ou encore, comme il le dit lui-même, « pour être vrai ».
Tiphaine Samoyault, Le Monde, 21 mai 2026.L’intrigue, tissée de plusieurs fils - la relation ambiguë entre HB et son ami d’enfance, celle entre lui et sa sœur, l’évolution de la maladie de Coline, le rôle que joue l’avatar PP13, etc. - est complexe. Sourice ne cède jamais à la facilité de nous perdre dans son riche univers virtuel au détriment d’une réalité terre-à-terre, riche en sensations et émotions, qui s’exprime et tient bon dans les rappels constants que leur corps adresse aux personnages.
Jérôme Duclos, Le Matricule des anges, avril 2026Après Le cours de l’eau, Grégoire Sourice fait paraître un premier roman, SecondeMain, qui interroge, à partir de petites annonces insolites mises en ligne, nos rapports aux objets et aux doubles numériques. Entretien avec l’auteur.
Entretien avec Emmanuèle Jawad, Diacritik, 20 mai 2026.Aucun doute possible : avec SecondeMain, Grégoire Sourice ne signe pas seulement son premier roman mais l’un des romans les plus remarquables de l’année. Paru aux éditions Corti, ce récit, bref, incisif et elliptique, raconte l’histoire singulière de HB, jeune étudiant revenu chez ses parents, qui retrouve un ami d’enfance qui poste sur un site de revente en ligne, Seconde Main, des objets de toute sorte. Magnétique et ambiguë, leur amitié renouée guide vers une narration de plus en plus étonnante et riche avec un rare sens du rythme. Une forte réussite que Collateral ne pouvait manquer de saluer en rencontrant son jeune auteur le temps d’un entretien.
Entretien avec Johan Faerber, Revue Collateral, 19 mai 2026.Une fois arrivé à la fin du livre, on a envie de le reprendre du début, de rejouer. […] Il s’agit d’un roman court pour les mondes qu’il contient.
(l’enfance en lotissement, GTA, la maladie, la série X-Files, les vide-greniers en famille, les doubles numériques, l’offre et la demande, etc.)
Il faudra rejouer.
Les mots et les choses : être dans le monde par les choses, les mots pour le dire, donc le risque de ne pas y être vraiment. HB, le personnage essaie de se tenir dans cet interstice, là où s’inventent les relations, et c’est bouleversant (pour le corps, pour la langue, pour nous lecteurices).
On répète : un bonheur - précipitez-vous ❤
Au cœur du premier roman de Grégoire Sourice, on retrouve SecondeMain, une plateforme de petites annonces qui n’est pas sans évoquer un célèbre site de revente entre particuliers. Entre écrans et vie en ligne, l’auteur y traque nos traces et explore l’obsolescence programmée des humains et des objets. Porté par une écriture expérimentale qui mêle récit et poésie, il autopsie autant nos alter-egos virtuels que le néant de nos existences.
Odile Lefranc, Le moins qu’on puisse lire, avril 2026« Seconde-Main », site de vente en ligne de produits de… seconde main, bien sûr ! Pp13 vend tout, des maillots de foot anciens aux prothèses de hanche, jusqu’à l’étang du village… Tout, puisque TOUT s’achète, dans la fièvre acheteuse du consumérisme ambiant dont Grégoire Sourice brosse, en nous amusant, un tableau lucide, déprimant dès l’instant où on s’interroge sur les raisons de ces achats compulsifs : « la bonne affaire », et, désormais, une addiction à Internet, sournoisement invasive, qui annule la réflexion. Que devient le rapport humain dans cette foire à la brocante ou ces vide-greniers virtuels ?
Claudine Bergeron, Les Notes, 13 avril 2026