Nous jouons pendant que Rome brûle
Un étrange sanatorium où l’on peut se retrancher d’un monde en crise, une image-fantôme, un coup de fil qui ébranle le narrateur dans ses croyances, une pan- démie de mal de vivre, une lutte nocturne avec un double… Dans chacune des huit nouvelles qui composent Nous jouons pendant que Rome brûle, l’univers connu se trouble et l’on se retrouve soudain face à un monde qui semble fait de l’étoffe des songes. Éric Faye joue à merveille sur les entre-deux, les ombres, l’ambiguïté du réel. Dans un style toujours vivant, servi par un humour noir, il poursuit ici sa réflexion sur l’absurdité de la condition humaine, ses impasses et faux-semblants mais aussi ses apaisements.
Presse et librairies
« Chacune des nouvelles part d’une idée-force. «Matinée de printemps sur le boulevard» a ce délicieux fumet de l’imaginaire appliqué au réel. Connaissez-vous cette image de Louis Daguerre prise en 1838, boulevard du Temple ? On dit qu’elle serait une des premières représentations d’un être humain sur une photographie. »
Frédérique Roussel, Libération, 9 mai 2026.« Cela fait trente ans qu’Éric Faye cherche une échappatoire à la vie terrestre, trente ans qu’il guette à travers ses étranges fictions un signal émis d’ailleurs indiquant que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, qu’il tente de trouver la clé de la connaissance et qu’elle lui échappe. Dans les huit nouvelles de Éric Faye Nous jouons Nous jouons pendant que Rome brûle, il persévère dans sa quête, mais d’une façon plus explicite, rageuse et désespérée. Le narrateur de la première nouvelle se voit prescrire par son médecin une cure de désintoxication numérique. Du matin au soir, il était suspendu aux informations émanant des quatre coins du monde, convaincu que l’humanité va dans le mur, terrifié par l’aveuglement général, guettant « désespérément quelques raisons d’espérer». Le voilà donc enfermé volontaire dans un sanatorium déconnecté de l’extérieur. »
Astrid de Larminat, Le Figaro Littéraire, 7 mai 2026.« On se rappelle que Kafka, lisant ses textes devant des auditoires pragois, suscitait des vagues de fou rire. Même si ensuite leur réception a penché du côté angoissant et torturé des choses. Peut-être parce que l’humour et le tragique étaient au fond indissociables. Toutes proportions gardées il se passe quelque chose du même ordre dans les textes d’Éric Faye. A un siècle de distance c’est une inspiration proche qui se fait entendre. »
Territoires romanesques, le blog de Jean-Claude Lebrun, 28 mai 2026En filigrane, [Éric Faye] propose une vision subtilement réaliste du fantastique. Il use avec parcimonie de l’intrusion du trouble dans une existence et semble s’intéresser d’abord aux moyens qu’un personnage trouve ou cherche pour se soustraire à une situation difficile, qu’elle soit improbable ou surnaturelle.
Anthony Dufraisse, Le Matricule des Anges, juin 2026