Mélusine
et autres récits
Traduit de l'allemand et préfacé par Françoise Rétif
Nouvelle postface de Laure Gauthier
La traversée des nouvelles d’Achim von Arnim est une expérience intense qui demande de perdre ses repères tant les univers qu’il construit sont hétérogènes. Ces récits qui oscillent entre la farce et le conte fantastique demandent aux lecteur·ices de cheminer sur un sol qui se dérobe sans cesse, où l’on ne s’appuie sur rien de connu. L’écriture d’Achim von Arnim est à l’image des histoires qu’il construit, hybride, mobile et imprévisible. Il nous présente un univers plongé en plein chaos, le plus souvent ancré dans son présent, celui de l’Europe de l’Ouest, particulièrement des territoires et duchés allemands du début du XIXe siècle sous occupation napoléonienne (1806-1815). La perte de repères à laquelle contribuent les différents textes de ce recueil donne lieu à des histoires qui basculent à certains moments dans ce que Freud a appelé l’« inquiétante étrangeté », à d’autres dans la farce. Cette instabilité permanente constitue paradoxalement le centre de gravité de l’écriture d’Achim von Arnim et lui confère sa force singulière. L’expérience de l’étrangeté est la seule étoile qui guide le lecteur, une étoile venue d’Orient, terre nourricière des contes, ou d’un passé immémorial comme Mélusine. Laure Gauthier, postface à la nouvelle édition