Lire les fantômes

Perec contre-enquête

1 octobre 2026

184 pages

Les Essais

978-2-7143-1379-9

20 €

Tout ici part d’une hypothèse : Georges Perec aurait laissé un ultime « grand œuvre », dissimulé par fragments dans ses textes, et composé d’œuvres fantômes imaginaires, autrement dit de textes qui n’existent que par leur mention à l’intérieur d’autres textes. Le narrateur de Lire les fantômes est chercheur. Ayant pris acte du fait que « Le fantôme est celui qui ne fait pas son lit », il essaye de le trouver. Pour y parvenir, il hante l’ancien appartement de Perec et tente de se faire spectre à son tour. Enquête obsessionnelle et ironique chez les revenants de la littérature, journal intime et jeu de piste, Lire les fantômes efface les genres et détricote sans y paraître les concepts de texte et d’auteur. Rien n’y est certain : ni le grand œuvre, oublié ou rêvé, qui se cacherait dans les livres de Perec, ni la spectrothèque du narrateur, bibliothèque d’un nouveau genre. On peut aborder Lire les fantômes comme un hommage à Perec, à la lecture et à la littérature : ce qui, loin de s’épuiser, vit dans ce qui échappe, se recompose et revient – comme un fantôme.

Maxime Decout

Maxime Decout est professeur de littérature française à la faculté des Lettres de Sorbonne Université. Il est spécialiste d’Albert Cohen, de Gary et de Perec. En savoir plus.

Presse et librairies

Maxime Decout prévient, page 20, qu’il préfère les excessifs aux minimalistes. On se dit que ça commence mal. Pourtant son livre est un des plus plaisants à lire côté « essais » depuis un bail. Il nous tient en alerte du début à la fin, même s’il lui arrive, de temps à autre, d’en faire un poil trop. Et dispense via Perec un goût prononcé, et pour le coup partagé, pour les fantômes, en faisant souvent montre d’humour, et même de dérision, voire d’auto-dérision, envers nos marottes, qui peuvent devenir des travers.

Christian Rosset, Diacritik, 14 octobre 2026

« Dans Éloge du mauvais lecteur, je définissais la mauvaise lecture comme une lecture capable de faire surgir un texte fantôme très différent du texte réellement lu, jusqu’à creuser un écart considérable avec l’image communément partagée de ce texte. Il en résulte que nous ne lisons jamais le même livre et que l’idée d’un texte objectif et unique pourrait n’être qu’une chimère. Chacun perçoit le texte à travers son histoire, ses attentes, sa subjectivité, mais aussi ce qui le hante. J’ai donc voulu explorer dans Lire les fantômes cette hantise lectrice, en me demandant si la littérature ne relevait pas plus largement de la hantise. »

Maxime Decout dans un entretien avec Laurent Demanze sur Écritures contemporaines, octobre 2026