Licornes et sabliers
Poésie complète
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Thierry Gillybœuf
Traduction revue par le traducteur
Lorsqu’elle était étudiante, Marianne Moore définissait la création poétique comme l’art de créer des « hiboux imaginaires dans des forêts imaginaires ». Quelques années plus tard, elle comparera la poésie à un jardin imaginaire avec de « vrais crapauds dedans ». Marianne Moore travaille à partir d’objets souvent rares et précieux, de gravures ou de miniatures, d’animaux étranges ou fabuleux. Elle ose des rapprochements en apparence incongrus mais qui, par le subterfuge de son écriture, s’imposent comme des évidences. Son sens très particulier des images et de la concaténation procède d’une poésie éminemment visuelle qui allie art du détail, expérimentation linguistique, observation in vivo et lectures éclectiques. Le poème, chez elle, s’inscrit dans un espace structuré et symétrique, en même temps que le langage est soumis à une danse subtile et effrénée qui libère le pouvoir des mots, toujours servis par un humour vivace.
Pour cette réédition, Thierry Gillybœuf a entièrement revu sa traduction.
Presse et librairies
« J’aime les foires à la campagne, les montagnes russes, les manèges, les expositions canines, les avenues d’arbres, les ormes, les véhicules, les expériences concernant le temps. (…) J’adore les animaux et montre un intérêt démesuré pour les mangoustes, les écureuils, les corbeaux, les éléphants… » écrit Marianne Moore dans une note autobiographique espiègle et humoristique. Et cela est assez conforme à son art d’exploration du monde sensible et de l’univers fantastique.
Patrick Kéchichian, Le Monde, 20 août 2004Une voix singulière, assurément, aux rythmes merveilleusement libres et changeants, tout à la fois cérébrale et fantasque, précieuse et concrète, emplie de description dont la minutie presque scientifique participe, non d’un caractère réaliste mais au contraire d’une étrangeté fondamentale – que ne font qu’intensifier les multiples notes, érudites et incongrues, dont elle accompagne ses poèmes où l’on croise énormément d’objets, d’arbres, d’animaux communs ou fabuleux : une pieuvre, des pingouins, des rossignols, des lézards, des licornes…
Nathalie Crom, La Croix, 29 avril 2004