Le Cri du barbeau

4 septembre 2025

216 pages

Domaine français

978-2-7143-1347-8

21 €

La mort d’un ami de jeunesse précipite le narrateur, colleur d’affiches au bord du Léman, dans un voyage en profondeur à travers les méandres du temps, des lieux et des histoires. Tirant un fil entre son pays d’ici » et son « pays de là-bas », il nous plonge alternativement dans deux mondes aux antipodes qui résonnent d’un côté à l’autre de sa vie. Le « pays de là-bas », c’est la Roumanie communiste, terrain de jeu de son enfance pris dans la violence de la dictature. Le « pays d’ici », c’est « le Pays des Cantons », la Suisse contemporaine où le narrateur a élevé sa fille et où il vit aujourd’hui. Dans un tourbillon de souvenirs, de personnages, de rencontres et d’amitiés où chaque scène est un moment de vie effervescente, Marius Daniel Popescu jette un pont entre des situations et des êtres que tout éloigne, avec une attention aux détails, joueuse et généreuse, qui entremêle l’intensité et la douceur.

Marius Daniel Popescu

Marius Daniel Popescu, né à Craiova (Roumanie) en 1963, et établi à Lausanne depuis 1990, où il gagne sa vie en qualité de chauffeur de bus aux Transports publics locaux, est poète et prosateur. Il a commencé de composer et publier de la poésie dans son pays d’origine, où parurent quatre recueils. Son premier ouvrage de poèmes en langue française, intitulé 4 x 4, poèmes tout-terrains et publié par les éditions Antipodes, à Lausanne, fut suivi en 2004 par Arrêts déplacés, chez le même éditeur, qui obtint le Prix Rilke 2006. Proche du quotidien par sa poésie, dans une veine rappelant parfois le lyrisme urbain d’un Raymond Carver ou d’un Charles Bukowski, Marius Daniel Popescu a lancé dès 2004 un journal littéraire, Le Persil. En savoir plus.

Presse et librairies

Dans l’univers animiste de Popescu, l’été est un être bienveillant qui vous tient dans ses bras, la nuit, « un bouquin sans titre qui s’ouvrait et se fermait sans cesse », et chaque être humain, « une forêt qui marche ». Les mots n’appartiennent à personne, même pas à ceux qui s’en servent. Ils vivent leur vie et se posent où ils veulent. Ils semblent aimer fréquenter l’auteur.

Isabelle Rüf, Le Temps, 27 septembre 2025

Dans cette marqueterie débordante de vibration humaine, quelques motifs reviennent et composent le portrait d’un raconteur inépuisable, attentif à la splendeur de l’ordinaire.

Thierry Raboud, La Liberté, 23 août 2025

Ce sont des fragments, des éclats d’argent pêchés dans le flux des souvenirs, des scènes tantôt banales, tantôt extraordinaires que Marius Daniel Popescu tire de son quotidien au « pays d’ici », la Suisse, et de ses souvenirs du « pays de là-bas », la Roumanie « du parti unique » puis « du parti de la corruption ». […] La vie s’écoule sur le papier en un mouvement fluide qui cherche à capturer la magie des instants, les détails les plus infimes.

Anne Pitteloud, Le Courrier, 5 septembre 2025

Dans ce beau roman qui refuse la linéarité, roman-fresque et presque poème narratif, le français – langue étrangère et comme orpheline – semble fonctionner comme la langue de création, de réunion des espaces-temps et des différentes incarnations du narrateur.

Neela Cathelain, En attendant Nadeau, novembre 2025

C’est une écriture lancinante, calme et profonde à la fois, un peu comme une vague dont le va-et-vient irrépressible dépose sur le rivage, entrechoqués, de petits coquillages. Dans ces pages, les coquillages sont des souvenirs du temps de la dictature du parti unique qui se mélangent aux aléas de l’existence helvète, de la vie-comme-elle-va. Ce qui intéresse Popescu, c’est comment les hommes passent dans la vie les uns des autres. Comment, la traversant, ils y laissent une trace.

Anthony Dufraisse, Le Matricule des anges, novembre 2025

On aurait du mal à relier Popescu à quelque courant que ce soit. La pulsation est la loi de son style, elle est permanente, régulière tel un battement de coeur, percussion dûe à un tutoiement récurrent qui par effet boomerang renvoie le texte, le réel de l’auteur pleine gueule au lecteur. C’est une sorte d’interpellation continue qu’on lui décoche, apostrophe si énergique, encore une fois si ardemment scandée que son rythme emporte facilement aussi bien vers le pays de « d’ici », que vers celui de « là-bas ».

Jacques Gélat

Marius Daniel Popescu brasse ici une matière considérable, suivant le mouvement de son « regard perdu dans sa mémoire. » Avec toujours l’entrelacement du familier et du lointain, de l’intime et du politique.

Jean-Claude Lebrun — Source

Un beau roman qui transforme le quotidien en épopée.

Jean-Pierre Longre

Pourquoi ce recours constant à la deuxième personne du singulier, ce « tu » qui semble s’adresser aussi bien au lecteur qu’à vous-mêmes ?
Chacun peut entrer dans cette perception du monde. Tu fumes, tu bois, tu chantes, tu pleures, tu ris, tu entends, tu rigoles. C’est qui ? C’est n’importe qui. N’importe qui peut vivre comme ça. Je propose aux gens : Allez-y.

Marius Daniel Popescu dans un entretien avec Boris Senff pour 24 heures

Hypersensible et hypermnésique.

RTS, 19 novembre 2025