Été

Préface et traduction de Bernard Sesé.

Édition bilingue

Janvier 1997

208 pages

Ibériques

9782714306067

17 €

Été (1915), publié à Madrid en 1916, fut écrit à l’époque des fiançailles de Juan Ramón Jiménez et de Zenobia Camprubí Aymar. Après une première période moderniste et mélancolique, il annonce l’esthétique de la poesía desnuda, exempte de toute ornementation superflue et déprise de tout excès de sentimentalisme, où s’épanouira le génie de Jiménez.

Le thème primordial de ce livre est l’amour. L’amour pour une femme bien réelle, “en chair et en âme”, mais transfigurée et comme projetée sur un ciel idéal : “Toutes passent, vertes, grenat…/ Toi tu es là-haut, toute blanche…”. La violence des émotions, la ferveur et la profondeur de la rêverie, l’acuité des intuitions, donnent ici à l’aventure personnelle une valeur universelle. Dans ces rythmes où s’allient avec élégance l’idée et la sensation, toute passion d’amour peut trouver son écho :

… moi et toi, désormais, nous sommes toi et moi,
comme la mer, comme le ciel
sont ciel et mer, sans le vouloir.

Parfaitement maîtrisées dans leur forme, gorgées d’images superbes et délicates, ces pages gardent intacts l’éclat et la fraîcheur de la saison en amour, tourmentée et passionnée, où elles furent composées :

En ce baiser, ta bouche
en ma bouche sema
le rosier aux racines
qui dévorent le cœur…

Auteur d’une œuvre poétique et critique considérable, Juan Ramón Jiménez reçut le Prix Nobel de littérature, en 1956, “pour sa poésie lyrique qui, en langue espagnole, constitue un exemple de haute spiritualité et de pureté artistique”.

Juan Ramón Jiménez

Juan Jamón Jiménez (Espagnol, Maguer, Huelva, 23 décembre 1881 – Porto Rico, 29 mai 1958) :
Écrire n’est qu’une préparation pour ne plus écrire, pour l’état de grâce poétique, intellectuel ou sensitif. Devenir soi-même poésie, non plus poète.
J. R. Jiménez
“Il y a deux maîtres : Antonio Machado et Juan Jamón Jiménez […] Le second, grand poète troublé par une terrible exaltation de son moi, écorché par la réalité qui l’environne, incroyablement déchiré par des riens, à l’aguet du moindre bruit, véritable ennemi de son exceptionnelle et merveilleuse âme de poète.”
Federico Garcia Lorca En savoir plus.