Lorely

Souvenirs d'Allemagne

Édition préparée par Jacques Bony

Février 1995

408 pages

Domaine Romantique

9782714305411

18.55 €

Chacun connaît le Voyage en Orient, dont il existe de multiples éditions ; Lorely, Souvenirs d’Allemagne reste une œuvre méconnue et rarement publiée. Nerval, cependant, n’a fait qu’un séjour en Orient, alors qu’il s’est rendu sept fois outre-Rhin, irrésistiblement attiré par ces contrées qu’il parcourt encore six mois avant sa mort, y rédigeant en partie son ultime chef-d’œuvre, Aurélia. En 1852, année durant laquelle Gérard s’efforce de prouver au public et à la critique qu’il n’a rien perdu de ses facultés créatrices, il rassemble dans ce volume non seulement des articles publiés à la suite des voyages précédents, mais aussi son œuvre dramatique la plus forte, écrite en collaboration avec Alexandre Dumas, Léo Burckart.

Ce drame, mi-bourgeois, mi-historique, peut figurer, aux côtés de Cromwell et de Lorenzaccio, parmi les œuvres qui témoignent de la réflexion du Romantisme sur les problèmes du pouvoir ; par son action, située à une époque alors récente, il prend naturellement place dans l’actualité d’une Allemagne en quête de son unité.

Gêné par des prédécesseurs illustres (et plus habiles à l’exploitation commerciale), Nerval attendit plus de dix ans avant de regrouper ses articles. L’ouvrage, pourtant, n’est pas un simple recueil ; il témoigne d’un effort d’organisation, de recomposition, qui lui donne un sens : l’enthousiasme juvénile fait place peu à peu à la rêverie mélancolique, l’illusion d’une grande Allemagne unie et démocratique s’estompe pour ne laisser subsister que le souvenir des écrivains et des artistes, et la magie de leurs œuvres. L’attrait exercé par une patrie spirituelle où repose la mère, la crainte de céder aux enchantements perfides des légendes, le désir de montrer la folie sous un autre jour se mêlent pour donner à ce livre un charme particulier. On trouvera ici bien des facettes du talent de Nerval : l’auteur dramatique méconnu, l’humoriste, le critique littéraire et musical, le voyageur fantaisiste, le paysagiste de la future Sylvie, et même le rêveur d’Aurélia.

Gérard de Nerval

Nerval, longtemps considéré comme un petit romantique sans avenir, est sans aucun doute le plus grand de cette école en France. Il devient célèbre après la traduction du premier Faust de Goethe, s’essaye à tous les genres (librettiste, critique musical ou dramaturge, directeur et créateur de revue, traducteur, romancier, poète) avec plus ou moins de bonheur. Au point qu’on prend assez peu au sérieux ce brillant causeur. Ses crises de folie puis son suicide ne serviront pas son crédit. En savoir plus.