Gérard de Nerval

Gérard de Nerval

Nerval, longtemps considéré comme un petit romantique sans avenir, est sans aucun doute le plus grand de cette école en France. Il devient célèbre après la traduction du premier Faust de Goethe, s’essaye à tous les genres (librettiste, critique musical ou dramaturge, directeur et créateur de revue, traducteur, romancier, poète) avec plus ou moins de bonheur. Au point qu’on prend assez peu au sérieux ce brillant causeur. Ses crises de folie puis son suicide ne serviront pas son crédit.

On découvrira bien plus tard qu’en l’espace de trois ans il laisse plus de chefs-d’œuvre qu’un Lamartine s’il avait écrit mille ans : Sylvie, 1853 ; Les Filles du feu, 1854 ; Les Nuits d’octobre, 1852 ; Aurélia, 1855. « L’épanchement du songe dans la vie réelle » l’a conduit à l’ultime mot laconique qu’il adresse avant sa mort à sa tante : « Ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche ». L’original petit littérateur parisien est devenu l’initié sublime, l’écrivain en quête d’absolu. Il rejoint ainsi Faust, qui l’aura d’ailleurs hanté toute sa vie. Celui qui aura su gouverner son rêve annonce le « long et raisonné dérèglement de tous les sens » qu’entreprendra bientôt Rimbaud, mais aussi d’autres génies qui, tel Proust, prolongeront sa quête, y trouvant encouragement : « Allons plus loin que Gérard ».

« Gérard de Nerval semble une apparition, la source autonome de son être et de son œuvre s’écoule à part, comme s’il était à la fois en avant de son époque et en arrière. » Pierre Jean Jouve
« Je suis du nombre des écrivains dont la vie tient intimement aux ouvrages qui les ont fait connaître. » Gérard de Nerval

Gérard de Nerval Lorely

1995