La Tectonique des Halles

15 janvier 2026

72 pages

Domaine français

9782714313713

15 €

L’expérience de la désorientation est au cœur de La Tectonique des Halles. Qu’est-ce que se perdre, et que perd-on exactement lorsqu’on se perd dans une ville – en l’occurrence Paris – que l’on connaît, aime et sillonne quotidiennement ? En prenant pour point de départ un moment où les repères habituels semblent tout d’un coup se brouiller, Guillaume Marie interroge la nature de ce rapport à la ville, à ses rues, à sa topographie, à ses cavités et à ses habitants humains et non-humains. Dans ce récit d’une écriture sensible et épurée, il nous plonge dans une flânerie entre les rives du souvenir, explorant la manière dont nos émotions trament les espaces que nous habitons.

Guillaume Marie

Guillaume Marie est né en 1979 à Coutances. Il est l’auteur d’un premier roman, Les Watères du château (éd. Bouclard, 2022) et de livres de poésie, dont La fin du monde (avec Samuel Deshayes, éd. Lanskine, 2023). En 2024, il publie Je vais entrer dans un pays aux éditions Corti. En savoir plus.

Presse et librairies

Mêlant fragments de rêves, de souvenirs, de lectures, Guillaume Marie montre comment nous entrons en contact avec un territoire, plaquant sur lui des images et des émotions, toujours avec cette crainte de voir nos repères disparaître. Car le bonheur (…) , et c’est dans cette familiarité que se développe le sentiment d’être chez soi. Sentiment que cette réflexion sensible explore, n’évitant pas les passages souterrains.

Lanwenn Huon, Le Monde, 15 janvier 2026

Avec un goût délicieux pour la dérive, Guillaume Marie interroge notre sentiment de familiarité et d’attachement aux lieux où nous vivons.

Julien Burri, Le Temps, 24 janvier 2026.

Petit livre deviendra grand. Il suffit de l’ouvrir. Et de le lire. Il se déploie et s’étend dans le cerveau à mesure qu’il avance, à perte de vue et d’idées avec seulement soixante pages.

Éric Loret, AOC, 29 janvier 2026

Dans La Tectonique des Halles, un homme à vélo rentre chez lui et ne reconnait plus rien. Ce point de départ minuscule ouvre chez Guillaume Marie un champ d’expérience immense : celui de la disponibilité à ce qu’il advient quand le monde se déplace d’un degré, imperceptiblement. Le texte d’une soixante de pages s’étend comme une tache d’encre : à chaque ligne, Paris symbole d’un inconscient collectif se défait, se reforme, se recompose « en géographie intime ».

Quentin Margne, En attendant Nadeau, 25 mars 2026

Avec le «ventre de Paris» pour centre, le livre progresse de retours en bifurcations et relie les écrivains aimés (Lautréamont, Italo Calvino, Jacques Jouet, Anne Carson…) aussi sûrement que les quartiers et les rêves. Ultimement, il s’agit d’aller voir ailleurs et de réussir à trouver son chez-soi.

Thomas Stelandre, Libération, 31 janvier 2026.

Inclassable, ce texte ! Une errance, tantôt solitaire, tantôt rassurée par une présence amie dans une ville qui ne cesse d’échapper au narrateur car la réalité d’aujourd’hui est inexorablement différente de celle d’hier qu’embellit une nostalgie mensongère. Il dérive, en quête d’un territoire mental sécurisé que la grande ville, fascinante dans son fourmillement, ne peut lui offrir. Ce vertige intérieur donne lieu à de très belles pages, tout comme le regard personnel porté sur tel détail de la rue qui la lui rend, peut-être, enfin familière.

Claudine Bergeron, Les Notes, 15 janvier 2026 — Source
Nikola Delescluse, Radio campus, 24 janvier 2026

On adore Guillaume Marie et son nouveau livre fait partie de ces textes (rares, précieux) qu’on a envie d’offrir à tout le monde (amiEs, amantEs, etc. etc.). « La tectonique des halles » saisit avec justesse et une sensibilités folle cette expérience queer de l’arrivée à Paris (ou autre grande ville), la perte de repères, les voies qui s’ouvrent grand, les personnes rencontrées (& aimées) qui nous guident ou les balades solitaires pour se laisser surprendre. Un texte troué pour que chaque lecteurice puisse venir s’y nicher, habiter ce paysage commun et personnel, entrelacs de mémoires et de possibles. Sublime sublime sublime.

Librairie Les mots à la bouche (Paris)

Le livre est un lieu où habiter, il est un lieu pour errer, se perdre – s’égarer dans la ville mais aussi se perdre soi-même –, il est un lieu en lui-même nomade, intersection de tensions contradictoires, en tout cas plurielles – le caractère paradoxal du livre, à la fois point fixe et lieu nomade, étant renforcé par le fait que La Tectonique des Halles est le titre du livre que nous lisons mais est aussi celui d’un autre livre – ou le même ? – qui « aurait pu avoir pour titre La Tectonique des Halles ».

Jean-Philippe Cazier, Diacritik, 3 février 2026

Avec La Tectonique des Halles, Guillaume Marie ne propose pas un autre regard sur Paris : il invite à en éprouver les failles, à se laisser travailler par un lieu qui n’en finit pas de glisser sous nos pas – et, avec lui, par ce que la ville fait à ceux qui l’habitent, les traversent ou s’y cherchent encore. […] Un livre singulier et nécessaire que vous soyez parisien ou pas : il s’inscrit dans une lignée de grands textes urbains tout en inventant sa propre musique.

Patrick Corneau, Le Lorgnon mélancolique, 4 février 2026

Si la ville est un corps — le nombril de Paris, c’est les Halles et le reste se déploie et respire autour — la ville dispose aussi d’un inconscient composé de tous les inconscients des gens qui la traversent, et Guillaume Marie dispose du sien, de ses rêves (où il est souvent question de maisons, de chambres), de ses désirs, de ses trajets sous la terre ou à sa surface. L’exploration de la ville est aussi une exploration amoureuse (les souvenirs se partagent, parfois) et elle peut se faire des deux côtés du sol.

Baptiste Thery-Guilbert, Diacritik, 19 février 2026

Un curieux livre qui sans en avoir l’air, possède une densité plaisante, poétique et maligne. Entre ses études à Caen (youhou) et sa vie à Paris, l’auteur évoque le sentiment des grandes villes, être ni tout à fait chez soi,ni tout à fait ailleurs. Bien malin qui tenterait de vouloir résumer ce livre ou coller une étiquette sur ce genre qui mêle admirablement souvenirs, poésie, rêve et réflexion sur notre place. On ressort léger, amusé, avec l’envie de faire de la bicyclette et d’acheter une mangeoire à oiseaux.

Librairie Brouillon de culture (Caen)