La mère mystérieuse
Traduit par René de Ceccatty.
Et autres textes.
Presse et librairies
Tombeaux détruits, éclipses de lune déclenchées soudain par la main d’une gitane, inceste à répétitions entre des cœurs chavirés qui ne reconnaissent plus leur mère de leur sœur, font d’un frère un amant, une malédiction d’une étreinte, d’une torture une volupté : les fantômes de nos nuits n’ont pas changé depuis la Préhistoire. Ceux d’Horace Walpole sont incohérents, outranciers, une sarabande onirique. Le bonheur extravagant qu’apporte aujourd’hui l’édition française d’un drame de Walpole, jusqu’alors inédit dans notre pays, est celui d’une débauche de l’imagination et de la toute-puissance imaginaire. Ici c’est carnaval. La clé freudienne n’ouvre pas ces portails gothiques. On entre dans l’étrange avec naturel et dans l’énorme comme on prend une tasse de thé. Ce mélange-là est très anglais.
Renaud Matignon, Le Figaro, 26 janvier 1991