Donato
« Des bras contre du charbon. » Dans l’immédiat après-guerre, la Belgique cherche de la main-d’œuvre pour exploiter ses mines. Elle scelle, en 1946, un accord avec l’Italie qui, en échange de l’achat prioritaire de charbon, enverra des milliers de jeunes travailleurs dans les mines belges. Originaire des Pouilles, Donato est l’un de ces ouvriers mineurs ayant tout quitté pour venir vivre et travailler au Pays noir. Ce livre raconte son histoire, ou plutôt il l’imagine à travers les yeux de Clio, la petite-fille de Donato, partie à la recherche de cette vie que son grand-père n’a jamais racontée.
Dans ce premier roman d’une extraordinaire inventivité langagière, Éléonore de Duve ravive tout un monde de sensations, de rencontres, d’existences entremêlées. Elle nous plonge, avec une prodigieuse force d’évocation, au cœur de la jeunesse italienne de Donato, dans les collines lumineuses des Pouilles, jusqu’au noir sans fond de la mine. C’est une quête, aussi prudente qu’aimante, que Donato donne à lire : restituer la consistance d’une vie, en affirmant la capacité de la littérature à dire ce qui a été arraché et tu.
Presse et librairies
Livre d’une mémoire trouée, d’une recherche dont l’objet se dérobe, Donato est aussi un récit par lequel, de la manière la plus belle, apparaît une vie, un monde.
Un entretien avec Jean-Philippe Cazier pour Diacritik, 6 septembre 2023Quelle liberté, ces retrouvailles avec de vieux mots, cette virtuosité de langage ! C’est le premier roman d’Éléonore de Duve, et on se plonge avec un plaisir raffiné dans son écriture, à la fois sophistiquée et intelligente, sensible et terre à terre, au plus près de la matière, du travail, de la main, du concret.
Anne Kiesel, Le Matricule des Anges n° 248, novembre 2023Vous serez étonné si vous l’ouvrez.
Cécile Dutheil de la Rochère, En attendant Nadeau, 18 octobre 2023Donato est un vieil homme mutique, malade, et un jeune homme vivant dans sa campagne italienne, existant dans le livre entre plusieurs âges, plusieurs pays (Italie, Belgique), plusieurs activités (paysan, mineur), plusieurs langues. Le récit d’Éléonore de Duve est moins la reconstitution chronologique et réaliste de la vie de Donato que la juxtaposition – comme un collage, plusieurs collages enchevêtrés – de cette pluralité qu’est la figure de Donato.
Jean-Philippe Cazier, Diacritik, 4 septembre 2023Dans un désordre ivre mais bouleversant, Éléonore de Duve comble les combles de la mémoire ouvrière.
Sophie Creuz, L’Écho, 16 septembre 2023Une extraordinaire inventivité langagière.
RBTF, 28 août 2023C’est dans un mouvement aux accents rimbaldiens que les lettres redonnent des couleurs au passé.
Laura Delaye, Le Carnet et les Instants, 30 août 2023Le rythme et l’élan d’une fiction ouvrière.
Alain Nicolas, L’Humanité, 27 août 2023