Feuilles d’herbe (1855)

Traduit et postfacé par Éric Athenot

Janvier 2008

344 pages

Série américaine

9782714309655

23 €

Étrange destin que celui de la première édition de Feuilles d’herbe puisqu’elle est restée à ce jour inédite en France où Whitman (1819–1892) est souvent cantonné au rôle de poète traditionnel, voire scolaire.
L’éminence de ce poème-fleuve dans l’édition de 1855 est à l’image de la hardiesse indéniable d’un brûlot poétique que 150 ans d’existence et sept versions successives semblent avoir rendu toujours plus éblouissant et radical. C’est en 1959 que ce « chef-d’œuvre enseveli de la littérature américaine » refit surface dans le monde anglophone grâce à Malcolm Cawley où il s’imposa de façon durable. On compte actuellement six éditions de ce texte alors qu’en France nous en restons toujours à l’infatigable entreprise de réécriture menée par Whitman.

Les poèmes en leur premier état paraissent neufs, radicaux et déroutants d’où l’intérêt de les présenter dans cette version au lecteur français. Son « aboiement barbare par-dessus les toits du monde » inaugure la naissance en juillet 1855 de la poésie américaine moderne.

Walt Whitman

Walt Whitman, célèbre poète américain d’ascendance anglaise puritaine par son père et hollandaise et quaker par sa mère exercera divers métiers (typographe, instituteur, charpentier), mènera souvent une existence bohème et, en temps que journaliste, prendra des positions anti-esclavagistes. C’est en 1855 qu’il imprime lui-même les célèbres Feuilles d’herbe, recueil qui passe d’abord totalement inaperçu. Son influence sera déterminante, d’abord en Angleterre puis pour un grand nombre de poètes américains du XXe siècle. En savoir plus.

Presse et librairies

« Je vois dans Feuilles d’herbe le plus extraordinaire exemple d’esprit et de sagesse que l’Amérique ait encore jamais produit», écrit immédiatement le philosophe Ralph Waldo Emerson avec une générosité dont Whitman le punira en publiant sans le prévenir des extraits de cette lettre.

Mathieu Lindon, Libération, 28 février 2008

On croyait connaître ce livre fleuve, ou plutôt océan, de Walt Whitman grâce notamment à la traduction qu’en avait donnée Jacques Darras. Mais on n’avait pas prêté une attention suffisante à l’histoire de ce grand dialogue, comme d’égal à égal, entre le poète et la jeune Amérique.

Patrick Kéchichian, Le Monde, 22 février 2008