Vies authentiques de peintres imaginaires

Traduction de Roger Kann

Septembre 1990

128 pages

Domaine Romantique

9782714303875

13.15 €

Il est jeune, il est surdoué, il est beau, il est sensible à tous les arts, il préfère la société des hommes à celle des femmes, les animaux aux êtres humains ; il vit plus souvent dans les étoiles que sur terre, il a vingt ans : il s’appelle William Beckford. Il vient de publier Biographical Memoirs of Extraodinary Painters qu’il a écrit à dix-huit ans, âge où l’on sort à peine du collège. À vrai dire il n’y a jamais mis les pieds.

S’il paraît logique que Beckford soit l’auteur de Vathek, on demeure perplexe quant aux raisons qui l’ont poussé à écrire ces Memoirs, satire cinglante et burlesque des écoles de peinture flamande et hollandaise. Cyrus Redding interrogeant sur ce point Beckford à la fin de sa vie, celui-ci lui répondit qu’il avait voulu rédiger un guide à l’intention du personnel chargé de faire voir la fameuse collection patenelle de tableaux aux visiteurs et partant se moquer de l’ignorance des uns et des autres. Il s’agit là d’une boutade comme l’écrivain aimait à en faire gober à ses interlocuteurs, assez naïfs pour le prendre au mot. C’est un fait que dans sa splendide demeure de Fonthill, le lord maire avait constitué une des plus célèbres galeries de tableaux du Royaume-Uni.


L’ouvrage paraît en 1790 sans nom d’auteur car le jeune homme craint d’essuyer un échec. Contrairement à toute attente, l’ouvrage obtin la faveur du public au point de nécessiter l’année même de sa parution une seconde édition, mais cette fois portant le nom de l’auteur. Sa famille est réduite aux soupirs.

Nous estimons que cette burlesque et spirituelle parodie écrite par un auteur encore adolescent, aide à mieux saisir l’originalité et la précocité de son génie. Elle nous paraît trouver sa places aux côtés des Journaux de Voyage et de Vathek.

Roger Kann

William Beckford

William Beckford (1760-1844) écrivain anglais du XVIIIe siècle, est connu pour son chef-d’œuvre Vathek, une œuvre imprégnée de diverses influences culturelles et artistiques. Aventurier et voyageur, il a traversé l’Europe à la recherche de nouvelles connaissances et expériences, marquant ainsi son époque. En savoir plus.

Presse et librairies

Aldrovandu Magnus, André Guelf le Vieux, Soocrout, Sucrewasser de Vienne, etc., ne les cherchez pas plus longtemps dans votre dictionnaire de la peinture : ils sont le fruits de la pure imagination, et ô combien précoce, de l’excentrique Anglais William Beckford. La petite collection Romantique de José Corti nous offre aujourd’hui un nouveau petit bijou. Ce que dénonce le jeune William à traves ces six vies de peintres, et en s’entourant de toutes les garanties apprentes de l’objectivité, c’est toute la peinture flamande et hollandaise qui, depuis l’accession au trône de Guillaume d’Orange, ravage les salons anglais.


J.-P.M., À suivre, décembre 1990.

À côté des “chefs-d’œuvre” les plus “sublimes” la controverse entre les partisans de la peinture au blanc d’œuf et celle à l’huile de noix ne manque pas d’introduire une distorsion aussi divertissante que salutaire entre réalité et fiction, entre vie et art dont les hauteurs et la transcendance empruntent autant au vrai qu’au faux, sans compter bien sûr les soupçons de plagiat adressés à l’auteur lui-même.

Thierry Guinhut, Art press, janvier 1991