Un roman pour les cuisinières
Édition préparée par Jacques Simonelli
Si l’on connaît à peu près la date de la mort d’Émile Cabanon, l’on ignore encore celle de sa naissance. Au grand dam de l’histoire littéraire, nous ne disposons d’aucun élément biographique sur cet auteur de bons mots dont seule survit la réputation de « mystificateur à outrance ».
C’est Paul Éluard encore qui fit découvrir à José Corti Un Roman pour les cuisinières, illustration exemplaire de cet esprit, puisque nous ne trouvons l’explication du titre insolite qu’à la dernière page, dans laquelle Cabanon, pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui condamnaient la frivolité et l’inutilité de la littérature, donne une recette pour accommoder les cailles et apporter la preuve que c’est un roman utile – au moins pour les cuisinières.
Presse et librairies
Bouquin d’initié féru d’hermétisme, blague de carabin sous l’effet du calva-picon-bière, délire surréaliste ou drame romantique survolté avec des arrières-pensées érotiques? Allez savoir. Hubert Juin dit que c’est un roman sans cuisinière : c’est faux. Il y en a une, mentionnée page 144, de façon fugitive. Mais c’est tout.
François Forestier, Le Nouvel Obs, 7 juillet 2017Un roman pour les cuisinières, d’Émile Cabanon, m’a donné l’impression d’un sourire bleu qui éclaire le visage maussade des nuées accumulées sur la désolation du monde.
Fernand Chaffiol-Debillemont, Miscellannées