Portraits littéraires

Traduit de l'anglais et présenté par Isabelle Py Balibar

Mai 1998

456 pages

Domaine Romantique

9782714306449

21.65 €

Portraits littéraires forme avec les Confessions d’un opiomane anglais et les Esquisses autobiographiques une sorte de triptyque où Thomas de Quincey (1785-1859) nous livre par fragments une des autobiographies imaginaires les plus fortes de la littérature anglaise. Dans Portraits littéraires, il s’agit non plus de souvenirs mais plutôt d’impressions de la maturité dont le fil conducteur tient curieusement à une région, la région des lacs, celle du Westmorland, dont de Quincey dresse un portrait magnifique, tant de ces montagnes que de ses dangers ou de ses habitants et poètes. Entre 1803 et 1820, les plus grands poètes romantiques y habitent et forment la “Société des Lacs ”. Coleridge, Wordsworth et Southey sont les trois figures majeures de ces lakistes anglais dont l’opiomane anglais dresse un portrait saisissant.

La fréquentation régulière de ces “grands hommes” donne lieu à des mémoires où le sens du détail, de la satire, de l’irrespect se mêle à la tendresse (pour Coleridge surtout) car De Quincey rend toujours à César ce qui appartient à César, avec parfois une certaine cruauté notamment lorsqu’il parle de l’opportunisme de Wordsworth.

Rarement autobiographie aura été aussi paradoxale, proliférante, fragmentaire, tel un miroir brisé que le lecteur seul peut refaçonner, à partir de récits très vivants, d’anecdotes comiques ou dramatiques, de descriptions romantiques de Grasmere, où il logea en 1803, et de ses environs. Tels qu’ils sont, ces Portraits littéraires sont donc bien le cœur de l’autobiographie quinceyenne. 

Thomas De Quincey

Il semble que De Quincey (1785-1859) ait été un génie universel, capable de s’attaquer à tous les genres et d’y réussir, le laudanum n’ayant pas entravé, comme chez Coleridge, les facultés créatrices : traités et monographies variés, économie politique, critique littéraire, histoire, récit, recherches sur les religions et la philosophie. Son influence fut d’ailleurs considérable, tant en France qu’en Angleterre. Ici le romantisme se replie sur lui-même et se déploie dans les visions d’un monde intérieur d’une richesse extrême. En savoir plus.

Presse et librairies

On retrouve [dans ces Portraits] les échos de la biographie tragique de De Quincey, émaillée de morts dès sa plus tendre enfance, et l’alternance qui le caractérise d’une insondable mélancolie et du rire le plus franc ; surtout on y retrouve en maints chapîtres, sa générosité, sa nature tortueuse et pourtant chatoyante qui semble avoir fait corps avec un style incomparable, une écriture en cascade, essentiellement digressive.

Bertrand Leclair, Les Inrockuptibles, 20/26 mai 1998