L’ivrognerie de Franklin Evans

Un récit d'époque

Traduction et préface de Jean Pavans

Mars 2022

224 pages

Série américaine

9782714312716

20 €

Afin d’assurer à Franklin Evans une large diffusion, qu’il obtiendra en effet, avec une vente de vingt mille exemplaires, le débutant Walt Whitman, âgé de vingt-trois ans, feint de se joindre à des ligues de vertu, et de se faire prêcheur moraliste et funèbre de l’antialcoolisme.

C’est un prétexte, un paravent, un faux-semblant et, tout compte fait, un excellent outil. L’arrière-pensée, sans doute, se fixe sur les romans picaresques anglais du siècle précédent, dans le but de tracer, sous forme de récit à la première personne, a rake’s progress, la carrière d’un libertin, dans des conditions new-yorkaises et autres qu’il a lui-même éprouvées, jalonnées de rencontres décisives de bons et de mauvais anges, où l’on peut soupçonner sous les abus de boissons entre garçons une allégorie d’excès sexuels, les femmes aimées, ou du moins épousées, étant bien présentes, mais se trouvant toutes victimes sur le chemin d’expiation et de réhabilitation du héros ; et tout cela dans un souci de psychologie autant que de sociologie, et puis naturellement avec des envolées inévitables du tempérament poétique, des échappées visionnaires comme celle du remarquable chapitre XX, avec son cérémonial de renonciation au Serpent Tentateur.

Walt Whitman

Walt Whitman, célèbre poète américain d’ascendance anglaise puritaine par son père et hollandaise et quaker par sa mère exercera divers métiers (typographe, instituteur, charpentier), mènera souvent une existence bohème et, en temps que journaliste, prendra des positions anti-esclavagistes. C’est en 1855 qu’il imprime lui-même les célèbres Feuilles d’herbe, recueil qui passe d’abord totalement inaperçu. Son influence sera déterminante, d’abord en Angleterre puis pour un grand nombre de poètes américains du XXe siècle. En savoir plus.