La Vision
Traduit de l'anglais et préfacé par Didier Girard
Inédit en français et réservé de préférence aux yeux clairs largement ouverts sur les beautés et les mystères de la vie, La Vision est un texte posthume du plus visionnaire des rebelles britanniques. Écrit en 1777-1778, mais jamais véritablement terminé, il affronte sans sourciller les décennies qui défilent pour ne réapparaître qu’en 1930 dans une édition limitée de Guy Chapman. Feuillets fragiles mais vivaces, ce “manuscrit pour une romance” est le témoignage éphémère des rêveries d’un jeune homme en errance, un jeune homme du dix-huitième siècle.
La Vision n’est pas une simple curiosité littéraire, bien que l’adjectif curieux, appliqué à un conte aussi délirant, prenne ici tout son sens. La Vision de Beckford est avant tout subliminale. Elle donne à voir bien plus qu’elle ne saurait dire, elle force à des constructions mentales que le lecteur n’aurait pas même su soupçonner en lui-même. Elle représente – également – un vertigineux voyage qui le conduira d’un salon plein de gaieté aux entrailles de la terre.
Rarement dans le Siècle des Lumières un enchaînement de mots ne se sera attaché avec une telle force à capturer nos visions intérieures, les visions dures de l’imaginaire.
Didier Girard, extrait de la préface
Presse et librairies
Dans La Vision, Beckford s’élève loin des gouffres vers des cimes, mais tout ce qui est ici magistralement dépeint, comme dans les univers de Piranèse ou de Doré – ces labyrinthes, ces couloirs, ces cavernes – exprime une dualité qui rappelle Le Mariage du Ciel et de l’Enfer de Blake, dénotant une ambiguïté foncière de la sexualité et de l’âme. C’est une prose poétique intensément inspirée par la peinture, comme le sont aussi ses étonnantes Vies authentiques de peintres imaginaires.
Diane de Margerie, Le Figaro, 28 décembre 1990“Passé le pont, Les Fantômes vinrent à sa rencontre.” On se souvient du carton qui, dans le Nosferatu de Murnau, enchantait les surréalistes. La Vision de Beckford illustre un tel saut dans l’inconnu.
Michel Delon, La Quinzaine Littéraire, janvier 1991