La Forme poétique du monde
Anthologie du romantisme allemand
Cette anthologie conçue par trois jeunes spécialistes (Olivier Schefer, Laurent Margantin et Charles Le Blanc) comble une lacune tant par les présentations de ce que fut le romantisme allemand que par l’ampleur des auteurs et des œuvres citées (la grande majorité étant inédite). Les chronologie, bibliographie, index, permettront aux lecteurs de circuler aisément dans l’ouvrage.
Le romantisme ne tient pas en une formule ou en un axiome. La célèbre lettre de Friedrich Schlegel confiant à son frère qu’il lui faudrait 2000 pages pour coucher sa propre définition du mot romantique est, dans toute son extravagance, une illustration de l’inhérente ambiguïté rattachée à ce concept. Dans l’histoire littéraire, peu de mots ont été autant galvaudés que celui de romantisme. Le surréalisme, une fois ses représentants disparus, a nourri le discours et l’imaginaire publicitaires. Le terme de romantisme, quant à lui, n’a cessé d’être repris tout au long du dix-neuvième siècle par des « descendants » qui, souvent, ignoraient tout de ce premier romantisme apparu en Allemagne à la fin du siècle. Recouverte en quelque sorte par les œuvres et les discours ultérieurs qui se réclamaient de cette esthétique, la Romantik finit par n’évoquer qu’un ensemble très vague de notions littéraires, qu’une nébuleuse de sentiments qui n’avaient que peu à voir avec les premiers écrits de ses représentants les plus illustres. Il se produisit même ce phénomène curieux : on en vint à interpréter, à lire, voire à éditer ces derniers – qu’ils s´appellent Novalis, Friedrich Schlegel ou Tieck – simplement en fonction de l’idée confuse qu’on se faisait du romantisme, mouvement littéraire que l’on disait seulement tourné vers l’univers du rêve et le fantastique, se désintéressant du monde réel.
Pourquoi revenir sur les traces du romantisme ? À quoi bon lire des auteurs qui nous parlent de temps, de lieux et d’espérances qui ne sont plus ? Pour rêver quelques heures, diront certains, fuir le monde et nos tâches accablantes. Anywhere out of the World… Mais le rêve est ici l’envers de la raison, comme le corps la doublure de l’âme. Les premiers romantiques allemands nous fascinent parce qu’ils furent les plus libres et les plus inventifs de tous nos modernes.
Presse et librairies
L’anthologie aura réussi un coup de maître pour le monde francophone.
Morgan Gaulin, Revue Spirale, juillet-août 2004Un ouvrage indispensable sur le romantisme allemand qui a éclairé ce que nous sommes, notre façon de lire le monde, notre rapport à la littérature depuis le XVIIIe siècle.
Francine de Martinoir, La Croix, 3 juillet 2003De quoi connaître jusque dans des fondements d’une richesse et d’une profondeur troublantes un des mouvements les plus féconds de toute l’histoire littéraire.
Wilfred Schiltknecht, Le Temps, 23/24 août 2003Une bible-anthologie du Romantisme allemand […] entre philosophie, religion et sentiment, science, esthétique, histoire et politique.
La Libre Belgique, 2003La grande nouveauté de La Forme poétique du monde vient de ce que les trois signataires du livre […] étudient aussi le phénomène romantique sous l’angle des sciences, de la philosophie et de la politique. De sorte que leur livre révèle aux Français des auteurs peu connus comme Jacobi, Ritter, Humboldt et des textes traduits pour la première fois, qui sont d’un intérêt majeur. Il s’agit donc d’un ouvrage d’un intérêt exceptionnel et qui tranche sur tous ceux qui l’ont précédé.
Marcel Schneider, La Revue des deux mondes