Le Miroir de l’âme

Traduit et présenté par Charles Le Blanc

Avril 1997

624 pages

Domaine Romantique

9782714310767

26 €

Le Miroir de l’âme est un florilège réunissant près de 2 100 pensées extraites des cahiers d’aphorismes de Lichtenberg et forme ainsi la plus importante anthologie critique en langue française jamais réalisée sur ce “drôle de philosophe”. Une vaste introduction met en perspective la pensée de l’auteur et un important appareil critique éclaire le texte. Ce florilège est commodément utilisable grâce à son index thématique et à sa chronologie.

La vie humaine ne connaît jamais qu’une édition. C’est l’avantage éternel que les livres ont sur elle. Ils peuvent traverser les époques, s’amender, se bonifier, revenir sur leurs défauts, masquer habilement leurs imperfections. Ils peuvent poursuivre des vies tranquilles dans les bibliothèques où ils peuvent vieillir en paix n’ayant plus guère d’ennemis irréductibles si ce n’est les autodafés, qui ne sont plus guère à la mode de nos jours, les vers et par-dessus tout l’indifférence qui reste finalement l’ultime ennemi du livre.

C’est du lecteur qu’un livre tire sa force. C’est par des générations de lecteurs qu’un livre peut être davantage qu’une existence d’homme. Ainsi en est-il du livre-brouillard de Lichtenberg dont les pensées demeurent actuelles malgré le passage de générations livrées aux vers. Nous ne sommes pas encore parvenus à faire le compte exact de nos faiblesses, ni à connaître la balance précise de nos ridicules : ce livre sert à en dresser le bilan.

L’œuvre de Lichtenberg, depuis sa première parution en 1800, est devenue classique. Elle prend le lecteur à témoin, elle se construit autour de lui, l’interpelle, le tutoie, mais de ce tutoiement qui est une forme supérieure de respect, lorsque les connivences, la complicité et la sympathie se sont fait jour entre deux intelligences, un jour qui apparaît souvent par la lecture.

Charles Le Blanc

Georg Christoph Lichtenberg

Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799) est un philosophe, écrivain et physicien allemand. En savoir plus.

Presse et librairies

Fidèle [au] principe de liberté, le florilège que propose Charles Le Blanc invite au parcours d’une œuvre qui, dans sa fragmentation même, refuse l’académisme des systèmes. On peut ainsi accompagner l’auteur dans le développement discontinu de sa pensée, mais aussi prendre des raccourcis, qui facilitent la promenade au fil de ces 600 pages. La présence précieuse d’un index thématique nous y aide, qui semble répondre à un vœu de Lichtenberg lui-même : “L’interdiction de publier des livres remarquables sans l’index le plus complet pourrait être une fort utile chose.”


Fabrice Gabriel, Les Inrockuptibles, juin 1997

Si on connaît pour ses aphorismes Georg Christoph Lichtenberg, on ne saurait réduire à ce genre le brillant disciple de Kant, dont on publie enfin en français des fragments consistants.


Gérard Dupuy, Libération, 26 juin 1997