Fanny D'Arblay
Totalement inconnue en France, Fanny Burney (1752-1840), dite aussi Fanny D’Arblay, nous intéresse pourtant à un double titre. D’une part, c’est avec elle que s’annonce le renouveau du roman anglais – Defoë, Richardson comme Smollett n’ayant pas été remplacés. Choderlos de Laclos en fit d’ailleurs un éloge dithyrambique. Ses romans pleins de finesse, d’humour, de sens de l’observation n’ont rien à envier à ceux de G. Eliot, M. Shelley ou J. Austen. Elle est aussi, et c’est plus original pour une Anglaise, l’auteur d’un journal qui compte parmi les sommets du genre en Angleterre (1768-1818).
Nous avons isolé la partie qui nous concerne le plus : Fanny Burney, mariée à un général français, assista aux convulsions de la Restauration. Outre sa valeur littéraire, son témoignage est irremplaçable, qui nous montre de l’extérieur et de l’intérieur les désagrégations successives de l’État au milieu de la tourmente napoléonienne ; il nous rend sensibles à ce vent de folie qui soufflait sur l’Europe et à l’attitude étrange des autorités administratives, militaires, tout comme à celle des émigrés et des gens en fuite lors du retour de l’île d’Elbe. Sur les routes de l’exil, elle rencontrera la plupart des personnalités hostiles à l’empereur, tel Chateaubriand, nous laissant ainsi une œuvre riche en observations passionnantes, où l’on trouve un sens très personnel de la comédie, particulièrement face à ce que l’on nommera, quelque cinquante ans plus tard, le snobisme.
« Son roman (…) nous paraît d’une grande conception et d’un vif intérêt, il est rempli d’observations fines et profondes. En général, les caractères et les sentiments y sont vrais et bien soutenus. » Choderlos de Laclos