Journal

Nouvelle édition intégrale par Michèle Hannoosh

Octobre 2009

2528 pages

Domaine Romantique

9782714309990

81.15 €

L’un des textes les plus importants de l’histoire de l’art, le Journal de Delacroix n’a pas été réédité depuis 1932. Cette nouvelle édition, entièrement refaite sur les manuscrits originaux et sur plusieurs sources manuscrites nouvelles, servira désormais de référence. Les centaines d’erreurs contenues dans l’ancienne édition d’André Joubin y sont corrigées ; les notes précédemment omises y sont réintégrées et l’ordre original des notes, crucial pour le projet esthétique de Delacroix, restitué. Tout un réseau de relations est révélé par des annotations inédites sur les pages de garde — noms et adresses de marchands, clients, amis, critiques, fournisseurs, administrateurs, des références bibliographiques, comptes et recettes, notes pour ses fonctions de Conseiller municipal de Paris. L’édition est assortie d’un appareil critique important, dont un riche commentaire et un répertoire biographique de tous les contemporains nommés dans le Journal.

L’édition comprend en outre de nombreux inédits retrouvés au cours de son élaboration, entre autres ceux provenant du légataire du peintre, Achille Piron, et de l’ancienne collection Claude Roger-Marx. Carnets de voyage, cahiers de notes, feuilles volantes, notes de lecture, projets d’articles, ces textes sont parmi les écrits majeurs du peintre : des réflexions sur la peinture, la littérature, la sculpture, la musique, la philosophie, des pages sur le beau moderne, le réalisme, l’antique, le sublime, des extraits de lectures très variés, des jugements sur les artistes. Plusieurs carnets anciennement démantelés sont reconstitués et présentés pour la première fois dans leur intégralité. La section sur le voyage en Afrique du Nord est enrichie de nombreux textes nouveaux du peintre et de témoignages inédits de ses contemporains. Le corpus des écrits de Delacroix se trouve donc considérablement augmenté. À travers cette nouvelle édition, le lecteur découvrira non seulement l’œuvre littéraire d’un des plus grandes figures de l’histoire de la peinture, mais encore une image exceptionnelle de la société française sur le seuil de la modernité.

Presse et librairies

On trouve de tout chez Delacroix, comme chez son maître Montaigne : des citations, des aphorismes, des jugements contredits par d’autres jugements, mais aussi des scènes de toutes sortes, infiniment répétées, comme des miroirs reflétant sa sensualité, ses colères, ses faiblesses. Il en est une qui, en dénonçant sa tendance à la procrastination, plagie Proust par anticipation.

Philippe Lançon, Libération, 17 décembre 2009

À l’instar des Essais de Montaigne, Delacroix – pour qui le génie ne consiste pas tant à avoir des idées neuves qu’à être convaincu que « ce qui a été dit ne l’a pas encore été assez » – confie donc au papier « pensées détachées », observations, sujets de tableaux, recommandations techniques. « La grande affaire, c’est d’éviter cette infernale commodité de la brosse ». Écriture souple, libre, spontanée, qui donne à ce Journal tantôt l’allure d’une rêverie d’un promeneur solitaire, tantôt l’aspect d’un aide-mémoire ou même parfois d’un livre de comptes avec recettes de cuisine, remèdes contre le mal de gorge, coupures de faits divers et longues citations de lectures. Un ensemble à l’image de la multiplicité du moi – « II y a dix hommes dans un homme et souvent ils se montrent dans la même heure » – et de la variabilité du beau. […] Quelque chose comme une peinture qui serait l’égal du rêve – sinon l’ombre portée d’un souvenir comme venu d’une autre vie. En fusionnant littérature, peinture et histoire. En mettant en fête et en flammes gestes et couleurs.

Richard Blin, Le Matricule des Anges n° 108, novembre-décembre 2009

Dans la forme que lui a donnée Michèle Hannoosh, ce Journal est une mine.

Isabelle Martin, Le Temps, 23 janvier 2010