Andreas Hartknopf

Allégorie

Traduit de l'allemand et postfacé par Michel Trémoussa

Janvier 2004

184 pages

Domaine Romantique

9782714308443

16.25 €

Andreas Hartknopf, publié sans nom d’auteur, est moins connu que l’autobiobiographie de son auteur, Anton Reiser. Il s’agit pourtant d’un écrit énigmatique et original. Apparemment désordonné, jailli du tréfonds de son âme : « C’est son œuvre la plus intime », affirme son frère dans une lettre adressée à Jean Paul.

La mort est omniprésente dans le roman de Moritz. Andreas Hartknopf est avant tout une splendide méditation sur la mort, entrecoupée de considérations souvent originales sur la musique, la poésie, la société, l’Univers et, fort accessoirement, nous l’avons vu, sur la pédagogie. L’auteur s’est même plu à ménager, çà et là, des moments de détente.

De nos jours, Arno Schmidt qui s’était fait une spécialité de la réhabilitation des écrivains négligés, déclare que « cette satire géniale se passe de décryptage quant aux détails […]. Le livre est là, avec ses grandes beautés poétiques […] ». Il aura néanmoins fallu attendre plus de deux cents ans avant que l’ouvrage bénéficie d’une édition française.

Karl Philipp Moritz

Karl Philipp Moritz (1756-1793) est un écrivain, journaliste et essayiste allemand. Il est à la fois un représentant de l'Aufklärung, du Sturm und Drang et du Préromantisme. En savoir plus.

Presse et librairies

Le (…) discours de Moritz est foncièrement fataliste et c’est à propos de la mort qu’il fournit les pages les plus captivantes de ce Memento mori. Au pied du gibet de Gellenhausen et baigné par le quiétisme et le spiritualisme de son temps, Moritz déviloppe un fatalisme profond dont le maître mot est « résignation ».

Éric Dussert, Le Matricule des Anges n° 52

Dès la première phrase, nous sommes enveloppés dans la parole, le « logos » de Hartknopf (lequel est adorateur de la quaternité, la quatrième hypostase étant le logos). Dès ces premiers mots qu’il pense et que le narrateur, son disciple, saisit intimement, Hartknopf « se tient » lui-même, « s’est ». Tout le reste est accidentel : il se trouve qu’un fossé arrête un moment la course de Hartknopf à quelques lieues de sa ville natale vers laquelle il ne se dirigeait pas du tout. Où va-t-il ? Il marche d’ouest en est : vers la source et la naissance (voir le chant final à la sagesse). Hartknopf a un cours, comme une planète, c’est un « Wanderer » comme cent ans plus tard Zarathoustra, il ne fait que « durchwandern », traverser les contrées, et le récit lui-même est « auf Wanderschaft » : il n’a ni commencement ni fin, ne se jette pas « in medias res » puisque la seule « res » où veut nous introduire le prophète Hartknopf est la « res publica » des esprits.

Philippe Marty, Revue Romantisme, 2006