Nathaniel Hawthorne
Nathaniel Hawthorne (1804-1864) a passé ses premières années dans une maison hantée. « N’ayant rien d’autre dont [il] puisse avoir l’ambition », il s’adonna à la littérature.
“Depuis notre dernière rencontre (…) je me suis retranché de la société dans la réclusion ; et pourtant je n’ai jamais voulu rien de tel ni rêvé quelle sorte de vie j’allais mener. J’ai fait de moi un captif et me suis mis dans un donjon, et maintenant je ne trouve pas la clef pour m’en tirer – et si la porte était ouverte, j’aurais presque peur de sortir.” L’homme qui écrit ces lignes explore, depuis quelques années, dans la plus grande solitude, les “labyrinthes de l’âme puritaine” et s’adonne, “n’ayant rien d’autre dont (il) puisse avoir l’ambition”, à la littérature.
Né aux États-Unis, à Salem, le 4 juillet 1804, Hawthorne a passé ses premières années dans une maison hantée. D’une beauté extraordinaire, l’enfant s’est engagé sur le chemin d’une existence à succès. Puis soudain l’adolescent disparaît. Il se terre douze années de suite dans le giron maternel. Ces années solitaires lui firent découvrir en lui une à une – il les exorcisa avec sa plume – ces dispositions du “caractère” humain qu’un esprit solitaire peut connaître : l’esthète stérile, le spéculateur impuissant de la vie des autres, le “voyeur”, l’égocentrique, l’investigateur cruel et scientifique des âmes : types de personnages apparaissant sans cesse dans son œuvre.
La rencontre de Sophie Peabody, au sortir de sa réclusion, l’incite à renouer avec le monde. Il entre aux douanes de Boston et participe à l’expérience de “Brook Farm” inspirée de Fourier, mais toujours avec le même scepticisme. Pour Sophie Peabody, il éprouve une véritable “adoration érotique”. Il a trente-huit ans, il est vierge. Il a pour celle qu’il épouse et qui l’a sorti de l’abîme, qui l’aide à retrouver sa place dans la « chaîne magnétique de l’humanité », une reconnaissance infinie. Entre 1849 et 1853 il publie La Lettre écarlate, La Maison aux sept pignons, Valjoie, Le Livre des merveilles et les Contes du bois touffu.
Nommé consul à Liverpool, grâce à Franklin Pierce, camarade d’étude devenu président des États-Unis, il découvre l’Europe, avec sa femme et ses enfants, et c’est en Italie qu’il choisit de situer l’intrigue du Faune de marbre.
“Sa mort, survenue en 1864, aux États-Unis, fut un cas évident de mort physique déterminée par la nécessité et la volonté de mourir.”