Alphonse Rabbe
Alphonse Rabbe est né en 1784 et mort en 1829.
Personnalité a charme puissant, au verbe convainquant, ses dispositions multiples le portèrent, mais sans succès, vers la peinture, la musique, la philosophie et l’histoire des religions et enfin, vers le théâtre. Autant d’ambitions auxquelles il dut renoncer pour se contenter d’entrer dans l’administration militaire où il contracta cette syphilis qui conduisit au suicide son prédecesseur, le moraliste Chamfort, trente ans plus tôt, et qui devait inexorablement le défigurer en le plongeant dans des douleurs physiques et morales qui déterminèrent son destin et sa pensée.
Catherine Jacobsen, Le foudroyé sans éclair, Le Mensuel littéraire et poétique n° 201
Pourquoi Alphonse Rabbe n’est-il jamais parvenu au rang de légende ? Pourquoi son Album du pessimiste a-t-il la réputation d’être un viatique pour voyageurs chagrins, un analgésique pour suicidaires décadents ? Estr-ce parce que ce touche-à-tout eut la malencontreuse idée de naître en Provence, d’avoir, aux dires de ses proches, gardé toute sa vie l’accent du pays, et que ses lecteurs aussi bien disposés soit-ils, ne peuvent prendre au sérieux un nihiliste qui aurait l’accent de Tarascon ?
Roland Jaccard, Le nihiliste de Tarascon, Le Monde, 8 novembre 1991
Je viens de verser des larmes, il y a longtemps que cela ne m’étais pas arrivé ; car le plus souvent je m’arme de férocité contre moi-même.
Charles Baudelaire, cité par Jean Roudaut, Le Nouveau Dictionnaire des Auteurs, Laffont, 1994