Une terrible vengeance
et trois autres récits fantastiques
Traduit par Jacques Finné.
On a pu dire de Mrs. Riddell qu’elle était “a born story-teller”. À juste tire elle possédait une technique narrative très personnelle qui l’apparenterait un peu à Alexandre Dumas, capable d’improviser un drame romantique en une soirée. Après quelques essais infructueux auprès des éditeurs, dans les années soixante, Mrs Riddell passe pour une auteure avec qui il faut compter. En 1864, elle publie son roman le plus marquant : George Geith of Fen Court, un des très grands succès de librairie des années 60-70 ; en 1886, elle ose reconnaître son sexe. À partir de cette année, elle signera tous ses romans Mrs. J(oseph) H(adley) Riddell.
En 1867, elle devient (en partie) propriétaire et rédactrice en chef du Home Magazine et, surtout, du St Jame’s Magazine, une revue littéraire parmi les plus prestigieuse de l’époque. Dans son chef-d’œuvre romanesque, La maison inhabitée, Mrs. Riddell égalait les plus grands auteurs fantastiques victoriens.
Ici sont rassemblés quatre récits où Mrs Riddell montre à quel point roman policier et littérature fantastique forment un délicieux cocktail.
Presse et librairies
Les protagonistes de ce délicieux recueil sont comme vous et moi, ils ne croient pas aux fantômes proprement dits. S’ils changent d’avis, c’est bien sûr que des fantômes se mettent un jour en travers de leur chemin jusqu’à ce que justice soit rendue. Affaires non élucidées, legs détournés, remords torturants, deuils impossibles à faire, traumatismes qui réapparaissent sous la forme de symptômes, en somme, rien de plus familier qu’un spectre, seul change le nom qu’on lui donne. À cela s’ajoute le tour très plaisant de Mrs Riddell (1832-1906), qui écrivit les quatre enquêtes présentes entre 1882 et 1889.
Claire Devarrieux, Libération, 3 février 2005Depuis quelques années, des éditeurs sérieux ont fait redécouvrir en France plusieurs victoriennes oubliées, notamment Mary-Elizabeth Braddon et, il y a peu, Mrs Henry Wood. Mais encore ces deux-là, en leur temps, avait-elles été traduites, et l’on peut se procurer leur travail des bibliographies complètes, aussi pléthoriques soient-elles. Rien de tel en ce qui concerne Mrs Riddell : ses ouvrages n’ont jamais été répertoriés, et ce n’est qu’en 2002, un siècle après sa mort, qu’une de ses nouvelles a été traduite en France. Depuis, les éditions José Corti l’ont fait connaître à travers un roman, La Maison inhabitée (2003), et, aujourd’hui, via un quatuor de nouvelles fantastiques, Une terrible vengeance. Autant dire que notre science « riddellienne » est toute fraîche et doit beaucoup à Jacques Finné, son « découvreur » et postfacier.
Christophe Mercier, Le Figaro, 24 février 2005