Le Gentleman tzigane

Suite de Lavengro

Traduction de André Fayot.

Février 1998

440 pages

Domaine Romantique

9782714306371

23.2 €

Dans Lavengro, la première partie de ses souvenirs publiée ici en 1996, George Borrow racontait son enfance et sa jeunesse. Avec Le Gentleman tzigane (1857), qu’il sous-titre sans ambiguïté Suite de Lavengro, il reprend son récit à l’endroit exact où il l’avait laissé, mais sans changer ni de propos ni de style il affine son angle de vision.

Dans l’édition originale en trois volumes de Lavengro, le premier évoquait la vie de l’auteur jusqu’à la mort de son père et courait sur vingt et un ans ; le second, qui couvrait son séjour à Londres et ses travaux alimentaires dans l’édition, s’étendait sur plus d’une année ; le troisième – son voyage à pied dans l’ouest de l’Angleterre et ses aventures “d’homme aux semelles de vent” – ne représentait guère qu’un mois ou deux. Le Gentleman tzigane accuse encore cet effet de “zoom” puisqu’il est tout entier consacré aux semaines de ce périple – mi-juin fin juillet 1825.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : tout ce qui faisait le charme de Lavengro est bien là – personnages inattendus et situations cocasses, réflexions imprévues et pleines d’originalité sur la vie et le monde, désarmant mélange d’érudition et de naïveté, fraîcheur touchante des sentiments — et ne fait que gagner en précision et en profondeur.

Quel bonheur, au détour d’un chemin creux, de retrouver la troupe des Gypsies – Jasper Petulengro et Tawno Chikno, bien sûr, Pakomovna… mais aussi de nouveaux visages : Ursula, Sylvester, d’autres encore –, de surprendre Francis Ardry qui descend de voiture dans une cour d’auberge, ou de renouer connaissance avec Murtagh, le vieux camarade d’école, bien mal en point mais promis à un grand avenir ! Quelle joie aussi de retrouver l’indomptable Isopel Berners et d’apprendre comment tournera cette idylle étonnante !
 Rien en soi d’extraordinaire dans ces épisodes, mais grâce à la magie d’un style à la fois simple et savant, lumineux et ouvert sur le rêve, Borrow parvient à emporter son lecteur dans un monde étrange – et ce faisant il lui montre comment transfigurer la réalité la plus quotidienne et charger son propre regard de poésie.

George Borrow

Georges Borrow (1803-1881) est un écrivain britannique, célèbre pour ses récits de voyage et son autobiographie, et qui disait parler plus de trente langues. En savoir plus.

Presse et librairies

Stevenson était un fan de George Borrow. À la lecture de Lavengro, l’étrange biographie de celui-ci, et du Gentleman tzigane, qui en est la suite, on comprend pourquoi : c’est un maître en cocasserie, un des auteurs les plus atypiques de la littérature anglaise. Autodidacte, il connaît plus de trente langues et dialectes, qu’il découvre de façon curieuse. (…)
 C’est un rêveur éveillé. Il faut le lire lentement, en musardant, comme il a vécu : au détour d’une page, on sourit, on est séduit par la couleur d’une scène, par l’humour quasi surréaliste d’une autre. Geaorge Borrow, ancêtre des routards d’aujourd’hui, est un compagnon de voyage de choix, et un grand écrivain. Superbement traduit par André Fayot.


Christophe Mercier, Le Point, 6 juin 1998

On retrouve au fil des pages, le fou de langues que fut George Borrow, rappelons qu’il en entendait, prétendait-il, plus de trente-cinq. […] Son autobiographie restera inachevée, c’est le seul regret que l’on ait en refermant le livre : savoir qu’il n’a pas de suite.

Patrick Cassou, Le Mensuel littéraire et poétique n° 260