Thomas Carlyle

Thomas Carlyle

Thomas Carlyle (1795-1881) est un écrivain écossais.

Né dans un milieu modeste – son père est tailleur de pierre et sa mère analphabète –, destiné à devenir pasteur, Carlyle grandit à Annan, petite ville du sud de l’Écosse. Il part ensuite étudier à l’Université d’Édimbourg, où il traverse une crise qui le conduit à renier le protestantisme de ses parents. Mais il ne se défera jamais des valeurs du calvinisme, et en particulier d’un certain rigorisme. Au cours de ses études, il se plonge avec passion dans la littérature allemande et (…) se lance par la suite dans une carrière de traducteur. Il introduit en Grande-Bretagne l’œuvre de Goethe, à qui il vouera toute sa vie une admiration indéfectible (…). Après Goethe, il réalise une série de traductions et d’articles sur les idéalistes allemands (en particulier Fichte et Schiller), qui l’établiront comme un spécialiste reconnu.
Mais le métier de traducteur ne lui rapporte pas assez d’argent, et Carlyle veut devenir écrivain. Il s’essaie à plusieurs reprises au roman, sans succès : ses projets avortent les uns après les autres. Insatisfait, se défiant du réalisme, il cherche une nouvelle forme de fiction et entreprend la rédaction du Sartor Resartus (soit Le Tailleur retaillé).

Publié en feuilleton dans le Fraser’s Magazine au cours des années 1833-34, le Sartor Resartus ne trouve guère d’écho. Mêlant à la fois la satire et le sérieux, l’essai et la fiction, le texte et son commentaire, Carlyle ne parvient pas à capter l’attention des lecteurs, qui jugent le résultat incompréhensible et lourd. Son salut viendra finalement d’Emerson, qui publie le livre aux États-Unis avec davantage de réussite et contribue à sa notoriété.
 Déçu par la réception du Sartor Resartus en Grande-Bretagne, ou ne voyant pas comment continuer une œuvre purement littéraire, Carlyle décide de se tourner vers l’histoire et publie quatre ans plus tard, en 1837, La Révolution française, ouvrage en trois volumes qui connaît immédiatement un succès retentissant et le transforme en coqueluche des lettres anglaises.

Maxime Berrée, extrait de la préface

Thomas Carlyle Sartor Resartus

2008