Johann Friedrich von Schiller

Johann Friedrich von Schiller

Avec Goethe, il est la “grande figure” allemande du siècle ; tout comme lui, d’abord exalté par le Sturm und drang, il retourne à une éthique et à une esthétique classiques qu’il faut se garder de confondre avec un classicisme “à la française” : plutôt du Shakespeare, mais pour qui le théâtre serait aussi une école de vertu.

Au fil du temps, le bruit et la fureur s’apaisent, la contestation d’un ordre fondé sur l’injustice devient plus raisonnée ; demeurent les problèmes éternels de la faute et du rachat, de la justice et de l’injustice. Il ne faudrait pas cependant voir en Schiller uniquement un homme d’idées : c’est avant tout un grand dramaturge, épris d’idéal et de liberté. Le fameux Hymne à la joie, qui termine la IXe symphonie de Beethoven, est exemplaire de cette aspiration que l’on voudrait croire éternelle.

Le Criminel par infamie est un texte capital, la somme de ses écrits de jeunesse et un sismographe de l’époque. Il marque clairement la transition entre la révolte première et la conception esthétisante de sa maturité. Par sa densité, sa plasticité, sa violence, sa construction, ce récit paru en 1786 reste exemplaire. H. Böll se souviendra de la portée de la fable lorsqu’il écrira L’Honneur perdu de Katharina Blum, dans lequel l’engrenage de la déchéance est identique.

“Schiller était un homme d’un génie rare et d’une bonne foi parfaite, ces deux qualités qui devraient être inséparables, au moins dans un homme de lettres… C’est une belle chose que l’innocence dans le génie et la candeur dans la force.” Madame de Stael

Johann Friedrich von Schiller Le Visionnaire

1996